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Je croyais sincèrement qu'on passait tous par la case "je veux mourir", que c'était une banalité de l'adolescence. Vu leurs têtes, 'faut croire que non. Heureusement, maintenant, j'aime bien la vie et je ne suis plus là parce qu'on est bien obligés de vivre mais parce que je le veux bien. Ca ne fait pas de moi une fille beaucoup plus souriante, plus optimiste et je ne donne toujours pas l'impression de respirer la joie de vivre, c'est sûr. Mais, ça va beaucoup mieux. Même si en apparence on ne change pas, moi je vous le dis ça vous transforme, ça vous allège vachement la tête de plus avoir d'idées noires et morbides. Le petit hic, c'est qu'on s'en sort jamais vraiment. V. V., une fois guérie, précise bien que son passé d'anorexique ne lui permet pas de voir la nourriture avec les même yeux que nous. Alors je ne vais pas vous dire que mes rapports à l'autodestruction sont les mêmes que pour une personne normale ou que subitement c'est devenu un truc horrible et ultra choquant pour moi. C'est comme les sanglots qui nous assomment pour nous endormir, j'étais persuadée que c'était la même routine pour tout le monde. La seule différence c'est que moi, j'aime bien me plaindre. Mais je ne suis plus très sûre maintenant. Je ne suis plus très convaincue par mon idée qui consistait à croire qu'on avait tous un petit truc plus ou moins malsain ou pathétique pour évacuer les tensions. Je crois que je commence à comprendre pourquoi ça les choquait autant, pourquoi c'était pas évident pour eux de me comprendre, alors que pour moi tout était aussi clair que de la Volvic.


