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J’ai décidé de mettre un terme à ma pénible lecture de La poursuite du bonheur de Douglas Kennedy. Une vraie arnaque ce bouquin. Le bonheur y a un sourire terriblement triste qu’on se demande s’il peut encore s’appeler comme ça et lorsqu’on se décide à refermer le livre, on a l’impression d’avoir été poignardé. Je n’étais pas en forme et je crois que ça ne m’a pas arrangée. Qu’on ne se méprenne pas j’aime ce livre. Ensuite j’ai décidé d’écouter du Beethoven, pour me détendre. Je crois que la musique classique et la guitare sont les deux seules choses capables de me vider la tête correctement en ce moment. L’effet cherché s’en est fait ressentir presque immédiatement. L’espace d’une demi-heure, d’une heure, les noueux se sont desserrés. La peur de l’échec scolaire, un ventre heureusement vide, l’abandon volontaire d’une déception, ses affaires que je n’arrive pas à jeter, les lettres sans réponses, F., M., … Tout ce qui me noue l’estomac, chassé l’espace de quelques minutes. J’étais découragée et le suis encore à cet instant. J’ai fondu en larme intérieurement comme souvent ces derniers jours. Je voulais être forte, je le suis : je pleure sans larmes. Parce que soyons honnête, les gens forts sont aussi sensibles que les autres, simplement ce sont des gens qui savent se contrôler, ni plus ni moins. Alors, j’ai appris à mieux me contrôler, à me censurer, à me faire taire, à me nouer discrètement les viscères en ayant l’air de rien. Et comme tous ceux qui font mine de ne jamais souffrir, j’ai encaissé une certaine jalousie des autres, de ces imbéciles sans doute moins angoissés par leur résultats scolaires souvent catastrophiques, que moi des miens qui soyons honnêtes sont plus que satisfaisants, j’ai encaisser les "la meilleure note comme d’habitude", les "de toutes façons tu l’auras" avec cette touche de je-ne-sais-quoi qui omets que je n’ai pas toujours eu de la chance et que d’ailleurs ce n’en est pas, j’ai fait mine de me moquer de beaucoup de choses, je me suis forcée à côtoyer des gens que je ne peux pas souffrir, j’ai encaissé pas mal de choses sans rien dire. Parce que je ne pouvais continuer d’avancer en pleurant, parce qu’être La machine à déprimer était devenu insupportable, parce que je leur devais d’aller bien au moins en apparence. J’ai fait jouer du Beethoven à ma tête, je lui ai ordonné de ne s’arrêter qu’à épuisement total. Je crois que ça marche plutôt bien, depuis je vis beaucoup mieux.
PS : C'est dur de devoir "expulser" des gens de sa vie parce que les situations ont changées et que ça ne va plus. D'un côté on peut y voir un certain gâchi mais de l'autre je sens les noeux se dénouer...
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